Soie

J’ai découvert les fils de soie pour la broderie en 2012 lors de mon premier stage à Shanghai. A l’est de la mégapole Il y a la ville de Suzhou où se trouve un centre de recherches spécialisé dans la technique de broderie : la peinture à l’aiguille.

Les brodeurs utilisent un fil de soie à peine torsadé, Ce qui donne à la soie un aspect plus fibre que fil. Avec de nombreuses nuances de couleurs, les broderies une fois terminées donne l’aspect d’une peinture aux reflets éclatant.s. Depuis lors, j’utilise essentiellement ces fils pour broder. On peut les trouver sur tout les marchés locaux en Chine mais difficilement en Europe.

En 2018, j’ai rencontré Marie, une femme exceptionnelle experte de la soie. Elle a été éleveuse de vers à soie et a voyagé partout dans le monde (Cambodge, Inde, Madagascar, Grèce, etc). Elle se déplace pour accompagner des entreprises et associations dans la création d’atelier de vers à soie et de filage de cette fibre à la résistance et la brillance si particulière.

De part le réseau et les connaissances de Parie, j’ai pu retrouver des fils de soie équivalents à ce que j’utilisais en Chine. Ils proviennent d’une entreprise de moulinage français. La soie est produite en Chine et ensuite reçue en écheveaux dans l’usine ardéchoise.

L’usine de moulinage Vernede qui m’a fourni les fils est située à coté d’Aubenas. Ils reçoivent les fils de soie du meilleur producteur de soie dans le monde, la Chine. Les filaments de soie encore grèges reçoivent différent traitements et torsions pour correspondre aux demandes des clients. Pour la plupart, ce sont les plus prestigieuses maisons de couture françaises.

Lors de ces différentes actions, il y a des pertes et chutes de fils. L’entreprise a décidé il y a plusieurs années d’utiliser ces soyeux déchets pour faire des fils de capiage. Une fois décreusés, ces fils sont très proches des fils de soie que utilisée pour la broderie chinoise.

Ces fils de soie sont utilisés pour les produits que nous développons avec les artisans en Chine et au Maroc.

En parallèle de cela, j’ai découvert au Maroc la sfifia. C’est un type de passementerie très utilisé dans les vêtements traditionnels marocains. Ils sont toujours réalisés en sabra, viscose produite en Chine et très polluante dans sa conception. L’idée à présent est de garder ce savoir faire mais de le produire avec la soie moulinée en Ardèche, afin de lui redonner toutes ses lettres de noblesse. C’est encore le début du projet mais tout commence par un croisement de fil.