Broderie de Salé

Voyager pour échanger et transmettre

Avril 2018, lors de mon séjour au Maroc, j’ai pu approcher l’univers de la broderie traditionnelle marocaine à l’école de Broderie de la ville de Salé (voisine de la capitale Rabat). Créée par la styliste marocaine Fadila El Gadi, l’école a pour objectif la formation des jeunes issus de milieux défavorisés aux métiers liés à l’art de la broderie.

J’y ai rencontré Lucie, étudiante française à l’école de Science Po Lyon et qui profite de ce stage de 6 mois pour alimenter son blog de DIY (https://thecamelia.com/)

J’ai passé deux jours avec la première promotion de cette école bien particulière, par sa portée sociale. Dès mon arrivée, les élèves (entre 13 et 19 ans) m’en ont mis plein les yeux : broderie de perles, broderie de Fès, de Randa, etc. Ils ont partagé avec moi ces techniques traditionnelles qu’ils apprennent depuis deux ans et je suis restée bouche bée devant leur rigueur et leur minutie.

A mon tour, je leur ai montré quelques techniques de broderie « à la française ». J’avais pris dans mon sac quelques crochets lunévilles et du fil à gant. Il n’en fallait pas plus pour appâter leur curiosité : alors que je montais un métier à broder, treize paires d’yeux me fixaient, avides d’apprendre.
Faute de partager la même langue, nous communiquions par les gestes. Mais leurs mains habiles et leurs regards affûtés n’ont pas eu besoin de longues explications pour comprendre la gymnastique du crochet et les élèves ont rapidement voulu poser perles et paillettes.

Grâce à des initiatives comme celle de Fadila El Gadi, la transmission des savoirs ancestraux est assurée. Et vu le goût d’apprendre et la passion des jeunes que j’ai rencontrés, la broderie traditionnelle marocaine a un bel avenir devant elle.

Site de l’école http://www.ecoledebroderie.ma/
Site de Lucie https://thecamelia.com/